Découvrons ce qu’est l’entrepreunariat pour de jeunes actifs ! 

Un retour d’expérience unique pour découvrir comment de jeunes entrepreneurs ont créé leur entreprise ! Pour le premier témoignage, découvrons l’histoire de Dimitri des Cognets, co-fondateur de Up2School qui a bien voulu répondre à nos questions ! 

Pour les plus curieux, c’est par ici pour découvrir la jeune pousse : http://groupe-up2school.com/ 

Bonjour Dimitri ! Tout d’abord, peux-tu nous raconter ton aventure entrepreneuriale, comment en es-tu arrivé là, quel est ton parcours scolaire ? 

 

Bonjour ! Avec plaisir. Je m’appelle Dimitri, j’ai 23 ans et je suis pour quelques semaines encore étudiant à NEOMA Business School. J’ai grandi dans les Yvelines, à la campagne, dans une famille de trois enfants qui ne correspond pas à l’archétype de la famille d’entrepreneurs. 

En fait je suis tombé là-dedans vraiment par hasard et c’est effectivement très lié à mon parcours scolaire. D’ailleurs ma boite, Up2School est aujourd’hui (en bon français) une « Edtech », c’est-à-dire une entreprise à la croisée des chemins entre éducation et technologie. 

« L’idée originelle donc, c’était de proposer une sorte de Wikipédia de la prépa commerciale et également d’inciter les terminales à s’inscrire dans cette voie, peu importe leur milieu »

Tout a débuté lorsque j’avais 20 ans, en classe préparatoire. A l’époque, mon associé, Medhi avait créé un premier site internet, Major Prépa, dont la vocation était de rassembler la communauté des étudiants en prépa économique et commerciale (les « prépa HEC) et de donner un maximum de ressources gratuites pour les étudiants. 

J’insiste sur ce leitmotiv du site parce que c’est encore ce qui nous anime aujourd’hui : Medhi vient d’un milieu extrêmement modeste, et le fait qu’il ait réussi à intégrer HEC tient un peu du miracle. Si l’éducation s’est heureusement démocratisée ces dernières décennies, l’enseignement supérieur et à fortiori les formations les plus prestigieuses, restent l’apanage des bien-nés. 

L’idée originelle donc, c’était de proposer une sorte de Wikipédia de la prépa commerciale et également d’inciter les terminales à s’inscrire dans cette voie, peu importe leur milieu. On voulait corriger à notre modeste échelle ce biais qui n’est pas encore trop présent dans cette formations car les prépas publiques sont d’excellente qualité, bien que l’auto-censure des classes plus modestes soient très forte. 

Une aventure haute en couleurs : 

Après les concours, j’ai donc rejoint le projet, d’abord en tant que rédacteur. Avec Medhi en un an, on a écrit un nombre incalculable d’articles et ça a super bien marché ! Durant les oraux (juin – juillet), on a fait environ 500 000 visites la première année : c’était déjà nettement plus que tous nos concurrents réunis. 

Du coup, on a décidé de recruter des rédacteurs en postant une annonce sur notre page Facebook. Des centaines d’étudiants nous ont répondus, c’était juste dingue ! Je me suis donc retrouvé à la tête d’une cinquantaine de rédacteurs dès juillet 2016 avec lesquels on a entrepris un maillage hyper exhaustif du programme. Aujourd’hui nous avons publié près de 3000 articles sur ce site, qui est devenu la référence incontestée des étudiants de prépa avec plus de 4 millions de visites par an (théoriquement, on s’adresse à seulement 20 000 personnes !)

On a depuis développé d’autres médias, comme Business Cool, devenue la référence des étudiants en école de commerce ou Le Major, un magazine biannuel distribué gratuitement à tous les étudiants de prépas. Par ailleurs, on travaille actuellement sur plein d’autres projets, comme une plateforme de préparation gratuite pour l’ensemble des formations du supérieur.

lumière

Une jolie ascension et de beaux projets à l’avenir ! Ça ne vous a pas fait peur ? 

C’est un investissement à plein temps qui demande de l’énergie ! Mais c’est aussi beaucoup de gratification quand on réussit ses projets. Donc je suis plutôt impatient d’aller de l’avant ! 

Quel est votre business model ? Avez-vous fait ou allez vous-faire une demande de levée de fonds ? 

Comme on ne vend rien aux étudiants, nous sommes allés frapper à la porte des écoles que ces derniers intègrent, à savoir les écoles de commerce. D’ailleurs c’est même l’inverse : on n’a jamais démarché personne, elles ont toutes voulu bosser avec nous !

Concrètement, on donne la parole aux écoles pour valoriser ce qu’elles font auprès de notre lectorat à travers des articles, notre magazine, des vidéos et des livres. On a aujourd’hui un business model très sain : nous venons de franchir sur l’année scolaire 2018-2019 le million d’euros de chiffre d’affaires avec une toute petite équipe de seulement 5 CDI.

Dans l’immédiat, on n’envisage donc pas de lever de fonds car notre résultat nous permet aisément de financer notre développement qui passe aujourd’hui par un grand nombre de recrutements (on sera 10 à la rentrée, et sans doute beaucoup plus au cours de l’année). Celui-ci se concrétise notamment par la création de la plateforme de préparation que j’ai évoqué tout à l’heure, d’un site pour les étudiants qui préparent le bac, et la structuration d’une offre de communication pour les marques employeurs des entreprises et d’autres projets annexes mais potentiellement très lucratifs.

« Je pense que ce qu’il faut garder en tête au début, c’est de se focaliser avant tout sur le fait de dégager rapidement du chiffre d’affaires ! »

business model

Quelle est selon toi le ou les facteurs les plus importants à la réussite d’une entreprise ?

Je pense que ce qu’il faut garder en tête au début, c’est de se focaliser avant tout sur le fait de dégager rapidement du chiffre d’affaires ! Autrement dit, être obsédé par deux choses : améliorer son produit et trouver de nouveaux clients / retenir ses clients actuels. Lorsque nous étions à Station F, on a vu beaucoup de jeunes boîtes s’éparpiller un peu sur des choses qui n’étaient pas essentielles, ce qui à mon sens est une grave erreur.

Ensuite, quand la boite grossi (ce qui nous arrive actuellement), la grande difficulté c’est de parvenir à « scaler » l’activité, c’est-à-dire de réussir à faire ce qui a fonctionné pour quelques clients avec des dizaines, des centaines, des milliers. Cela implique notamment de super bien gérer ses premiers recrutements et d’établir les bons process pour garder une boite efficace. 

De bons conseils pertinents : ne pas s’éparpiller est effectivement essentiel. Après Station F où vous êtes vous installés ? 

Nous avons intégré l’incubateur d’HEC à Station F sur une assez courte période : de juillet 2017 jusqu’en janvier 2018 puis nous sommes allés à Versailles ! 

Quelle difficulté as-tu rencontré au cours de ta vie d’entrepreneur ? 

La plus grande difficulté a sans doute été de concilier une vie d’étudiant avec celle de gérant d’une entreprise qui a très vite généré un chiffre d’affaires important. Néanmoins, chaque période de la vie a son lot de difficultés pour qui veut se lancer dans l’entrepreneuriat. D’ailleurs j’encourage vivement les étudiants à se lancer avant la diplômation. Entre l’accompagnement et le réseau de l’école, le fait de ne pas avoir de gros besoins et donc de pouvoir vivre sans se verser de salaire au début, la liberté de ne pas avoir d’engagement familiaux etc., les avantages sont nombreux.

Pour le reste, la boite a relativement été un long fleuve tranquille jusque-là, mais les choses sérieuses commencent réellement ! 

Que représente l’entreprenariat pour toi ? 

C’est vraiment un état d’esprit, un certain rapport au travail et par extension à la vie que l’on souhaite mener. Bien sûr ça a un côté très prenant, presque obsédant parce qu’on vit tous les jours avec son projet dans la tête. C’est d’ailleurs un véritable enjeu pour l’entrepreneur de réussir à « déconnecter » de temps à autre, au risque de vite souler son entourage et de s’épuiser !

D’un autre côté, cela constitue pour moi une vraie liberté, celle de s’investir dans les projets qui nous enthousiasment vraiment et d’orienter la boite dans ce sens. On ne se revendique pas comme une entreprise sociale (comme beaucoup trop de start-ups de l’écosystème) mais pourtant l’impact de ce que l’on fait nous motive beaucoup plus que le côté pécunier. On verse d’ailleurs une partie de nos bénéfices à une asso créée par Mehdi qui promeut le sport de l’éducation au Togo.

 

« La plus grande difficulté a sans doute été de concilier une vie d’étudiant avec celle de gérant d’une entreprise qui a très vite généré un chiffre d’affaires important. »

Peux-tu nous définir le mot « innovation » ? Quelle en est ta vision en tant qu’entrepreneur ? 

De la même manière, le mot innovation est pour moi utilisé à toutes les sauces par les entrepreneurs, or une boite pour réussir ne doit pas forcément être « innovante », du moins pas au sens où on l’entend généralement.

Dans les faits, très peu d’entrepreneurs créent un produit tout à fait inédit qui révolutionne le monde. La différence se fait bien davantage selon moi dans l’exécution que dans l’idéation. Je peux conseiller à ce titre l’excellent ouvrage de Peter Thiel, entrepreneur américain à succès qui a notamment fait partie de l’aventure Paypal, « Zero to One ».

Être innovant donc, pour un entrepreneur, c’est dans 99% des cas trouver une nouvelle manière de répondre à un problème existant, de façon plus pertinente que ce qui se fait déjà. Rare sont ceux qui défrichent vraiment un champ encore inexploré.

Et toi dans 10 ans tu t’imagines où ? 

Dans une entreprise qui aura révolutionné l’accès au savoir grâce au digital et contribué à ce qu’un étudiant de Bombay, de Kinshasa et ou de Minsk puisse espérer intégrer de très grandes écoles grâce à son talent et son mérite. Y’a plus qu’à !

Merci beaucoup d’avoir accepté de partager ta superbe expérience ! De beaux projets, et des conseils précieux. En espérant que ton aventure entreprenariale se poursuive comme tu le souhaites.

 

Pour rappel, visiter le site de Dimitri ici : http://groupe-up2school.com/groupe-up2school/

 

up2toSchool